Les avantages et inconvénients de la vie à la montagne

Il y a une dizaine de jours (à l’heure où j’écris ces lignes), j’a vu passer dans les blogs que je suis un article intitulé « grandir en Ardèche, paradis ou enfer ? ». Ecrite par Lénou in Italia, cette première partie d’une série de deux articles raconte tous les avantages que Lénou a trouvé à grandir dans un département peu habité dès lors qu’on s’éloigne du Rhône. En bonne drômoise qui se respecte, j’aurais été tentée de vous dire qu’il n’y a aucun avantage à vivre en Ardèche. En effet, drômois et ardéchois adorent se détester (alors qu’en réalité, on s’aime quand même beaucoup, mais chut ! il ne faut pas le dire…).

Mais force est de constater que les points positifs qu’elle a cités dans son article sont plutôt sympathiques. Certains sont de plus transposables à la vie à la montagne, que je découvre depuis bientôt sept ans. C’est pourquoi, m’inspirant du texte de Lénou, j’ai choisi de vous lister aujourd’hui, les avantages, mais aussi les inconvénients de la vie en fond de vallée, au cœur des stations alpines.

Pour vous remettre dans le contexte, j’ai posé mes valises en Savoie fin août 2014 suite à la réussite d’un concours de la fonction publique. J’étais mutée dans un établissement en Tarentaise pour (je l’espérais à l’époque) un an.

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Mais les mutations étant plus compliquée dans mon domaine que ce à quoi je m’attendais, j’ai décidé de m’installer un peu plus durablement dans la région (au point d’investir dans l’immobilier ici). Je vis donc depuis bientôt sept ans dans un fond de vallée, entourée des stations de Tignes, Val d’Isère, les Arcs ou encore la Plagne pour les plus proches (Courchevel, les Ménuires ou encore Méribel sont également toutes proches).

J’ai ainsi pu me faire une opinion plutôt approfondie concernant la vie à la montagne et je peux vous en lister les avantages et les inconvénients (en ce qui me concerne en tout cas….). Nous allons d’ailleurs commencer par les points négatifs, histoire de terminer cet article sur une note positive.

La vie à la montagne n’est pas un long fleuve tranquille…

1 – L’éloignement

Habiter dans un village en fond de vallée présente un inconvénient majeur : l’éloignement. C’est ainsi que chez nous, nous devons prendre la voiture pour la moindre course (on a bien un boulanger dans le village, mais nous n’aimons pas son pain…).

Nous avons une petite ville à 3km de chez nous, certaines fois, on pourrait y aller à pied, mais nous n’en avons pas forcément le temps de consacrer près d’une heure au trajet pour une course de cinq minutes. Dans cette ville, nous avons un petit supermarché, quelques petites boutiques, on peut donc y faire l’essentiel de nos emplettes.

En ce qui me concerne, je profite de travailler dans une ville à 15 kilomètres de là pour y faire des courses avec un peu plus de choix.

Entre ces deux villes, nous réussissons à trouver la grande majorité de ce dont on a besoin. Mais pour les choses un peu plus spécifiques, c’est au bas de la vallée, à trente kilomètres de chez nous, que nous devons nous rendre.

En bref, vous l’aurez compris, vivre à la montagne, et plus encore dans un petit village, rend la possession d’un véhicule indispensable pour compenser l’éloignement géographique de notre lieu de résidence.

2 – Une zone touristique importante

Un des autres désavantages de la vie dans notre fond de vallée est que nous sommes dans une zone touristique importante, ce qui implique notamment que le prix de l’immobilier est très élevé. Comptez un loyer pouvant aller jusqu’à 530€ pour un studio de 20m² sans balcon et orienté nord dans une ville faisant la liaison directe avec une des stations. Quant à envisager un achat, trouver une maison quand on a un budget peu élevé relève de mission impossible (où alors vous achetez une grange en ruines qu’il faut retaper de zéro, et là encore, vous n’êtes pas sûrs que le montant des travaux rentre dans votre budget…).

De notre côté, nous nous sommes contentés d’un appartement pour lequel nous avons eu beaucoup de chance (son prix était assez peu élevé par rapport au marché du coin).

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Par ailleurs, qui dit « zone touristique » dit « touristes » (Merci Sherlock !). Si leur présence est indispensable à l’économie de la vallée, il ne faut pas avoir quelque chose d’important à faire les samedis pendant la saison d’hiver. D’immenses bouchons bloquent la nationale et les montées en station, il est difficile de partir de chez soi, ne serait-ce que pour faire une course (quand je rentrais dans ma famille le samedi, je partais avant 6h du matin pour éviter la circulation trop dense…).

Un peu que des chutes de neige aient lieu ce jour-là, et c’est le branle-bas de combat sur les routes : on s’arrête pour chaîner (si on a pensé à prendre des chaînes bien sûr) au milieu de la route (quand ce n’est pas au milieu de l’autoroute…), on se met en travers parce qu’on n’est pas bien équipés…. Bref, pendant les samedis d’hiver, il vaut mieux rester chez soi !

3 – Les hivers longs

En parlant de neige… J’aime bien voir la neige ! Elle transforme totalement les paysages et les rend féériques. Oui, c’est joli, la neige ! Les premiers jours… Après, elle me lasse grandement ! Il faut prévoir du temps supplémentaire le matin pour gratter le pare-brise quand il gèle, voire pour déneiger la voiture car vingt centimètres sont encore tombé pendant la nuit ! Il faut aussi prévoir un petit temps supplémentaire pour faire le trajet jusqu’au boulot car la descente la plus directe pour rejoindre la nationale est trop dangereuse, il faut donc faire un petit détour.

Et puis tout ce blanc, pendant tout ce temps, c’est beau un temps. Mais la verdure des sommets environnants me manque (et en plus, quand la neige disparaît, les montagnes sont jaunes, sèches, bref, pas très jolies…).

En bref, trop de neige tue la neige ! Ici, les hivers sont bien trop longs à mon goût !

4 – Les vieux de la vieille

Un autre aspect peu réjouissant de la vie dans nos montagnes, c’est l’accueil pas toujours bienveillant chez certains paysans tarentais pure souche. Je ne sais pas si c’est la même chose dans d’autres fonds de vallées, mais ici, il y a certains hameaux où on n’aime pas trop apercevoir les « étrangers », à savoir tout ceux nés en dehors de la zone d’appellation du Beaufort…. Ne parlons même pas des étrangers venant d’un autre pays…

C’est ainsi qu’un ancien, me voyant discuter avec un collègue agriculteur, a regardé ma plaque d’immatriculation qui ne portait pas le sacro saint numéro 73 pour me dire que « vous savez, mademoiselle, vous n’êtes pas la bienvenue ici… ». L’accueil peut donc s’avérer parfois glacial.

5 – Tout pour le ski

Enfin, un des derniers inconvénients que j’ai trouvés ici, c’est la domination du ski sur les autres sports. Tout est pensé pour les sports d’hiver et il n’y a pas forcément beaucoup de structures pour d’autres activités.

En ce qui me concerne, je cherche depuis des années un endroit pour me remettre à cheval. Les clubs ne sont pas nombreux et les rares qui existent encore ne sont pas réputés pour le soin apporté aux animaux, ce qui est primordial pour moi. J’ai rencontré une jeune monitrice qui fait son petit bout de chemin en plaçant ces quelques chevaux dans une petite écurie de propriétaires et qui peut donc organiser des cours et des balades, mais elle a peu de créneaux disponibles et ceux-ci ne coïncident pas avec mon emploi du temps.

… Mais elle a quand même de bien chouettes aspects

1 – La nature tout autour de nous

Nous avons la chance de vivre entourés de nature. Chez nous, il suffit de traverser la route pour nous retrouver dans les champs. Il y a de nombreux chemins de balades nous permettant de varier régulièrement les sorties de Neyko, sans avoir nécessairement à passer par la route.

Dans les villes qui nous entourent, en moins de quinze minutes à pied, vous pouvez vous retrouver en pleine forêt, ou sur un chemin vous conduisant à la chapelle surplombant la ville, 300 ou 400 mètres plus haut.

La nature est partout, omniprésente. On l’aperçoit où que l’on soit. J’ai ainsi vue sur toutes les montagnes environnantes quelque soit la pièce où je me trouve au travail par exemple.

Et cette nature nous offre de chouettes spectacles. Elle varie tout au long de l’année en fonction des saisons (ce que je ne voyais pas par exemple quand je vivais chez mes parents, en périphérie d’une petite ville, à moins de deux kilomètres de la campagne). On n’a donc pas la même vue en février (avec des versants montagnards tout blancs) et en octobre (où les arbres des forêts qui se trouvent sur ces versants prennent leurs couleurs d’automne). Les pâtures, jaunâtres à la fonte des neiges, prennent de jolies couleurs à l’approche de l’été. En bref, on ne peut pas se lasser des paysages qui nous entourent car ils varient très régulièrement.

A lire : En excursion au Monal (été VS automne)

Et qui dit nature, dit faune sauvage (ou pas d’ailleurs). En sortant Neyko, nous avons déjà rencontrés des familles de sangliers, des renards (et notamment la portée qui est née à quelques pas de chez nous…), des lapins, des lièvres, des chevreuils… L’amoureuse des animaux que je suis était à chaque fois émerveillée par ces rencontres, parfois fugaces, parfois un peu plus longues.

Et notre vie dans un village de montagne nous permet d’être au contact d’animaux de ferme : chèvres, moutons, vaches… Je suis ravie de pouvoir évoluer auprès de ces animaux, et d’y élever un enfant si je deviens un jour maman. Je pourrai lui apprendre la diversité des animaux qui nous entourent, mais surtout leur respect, une valeur indispensable à mes yeux ! Et au moins, il saura qu’une vache a des cornes ! (Référence à une copine lyonnaise, en classe préparatoire à dominante SVT, qui était persuadée que les cornes étaient un attribut des taureaux, car les seules vaches qu’elle avait vues faisaient partie d’élevages assez intensifs où on « coupe » les cornes des animaux à la naissance…)

2- Les nombreuses randonnées

La montagne, c’est aussi un terrain de jeu incroyable ! Avec un nombre d’activités sportives importants, vous ne pouvez que trouver votre bonheur. Pour nous, c’est la randonnée qui nous éclate. En été comme en hiver, où il suffit de chausser les raquettes, on peut aller s’aérer en pleine nature, découvrir des paysages tous plus somptueux les uns que les autres…

Et ici, les chemins de randonnée ne manquent pas. De multiples lacs et cascades à découvrir, des zones à haute altitude offrant des paysages parfois un peu lunaires, des glaciers, … il y en a pour tous les goûts !

3- Le calme

Avant de nous installer ici, nous vivions dans la ville où je travaille. Une petite ville, certes, mais avec quelques désagréments, notamment le voisinage bruyant ! Ici, nous sommes dans une petite résidence, où tout le monde fait en sorte de ne pas déranger son voisin. Et que c’est agréable de vivre dans le calme !

L’ambiance du village est relativement tranquille, c’est exactement ce que nous recherchions en nous installant dans ce coin. Nous entendons rarement du bruit (quelques enfants qui jouent parfois dans la rue, le tracteur de l’agriculteur qui part faucher ses prés…), les gens sont dans l’ensemble respectueux les uns des autres.

4- La convivialité

Si parfois, certains gens du cru ne sont pas hyper accueillant avec les petits nouveaux, il faut reconnaître que certains petits villages ont une bien belle convivialité. C’est le cas de celui dans lequel nous nous sommes installés. Nous sommes chanceux, ans notre village, nous avons été bien accueillis pas la plupart des voisins. Neyko est un très bon atout pour ça, il se fait adopter par tout le monde !

Et un peu de politesse, du respect, le fait de ne pas s’imposer, des bonjours et des sourires ont fait que nous nous faisons plus ou moins accepter par la plupart des personnes que nous croisons.

En bref, notre vie au pied des stations présentent quelques inconvénients, bien vite masqués par ces avantages qui nous apportent ce que nous recherchions vraiment. Je ne pense pas quitter la région de si tôt. Je sais ce que nous avons ici en terme de travail, nous ne sommes pas sûrs de ce que nous trouverions ailleurs. Et finalement, ce n’est pas plus mal.

Hormis pour me rapprocher de mes parents qui vieillissent petit à petit (mais les places sont chères dans mon domaine professionnelle et il y a peu de chance que j’y trouve quelque chose qui me convient), je ne suis pas tentée par un autre endroit que celui dans lequel nous vivons. Alors on s’adapte face aux quelques points noirs du coin, et on savoure tous les points positifs qu’il nous propose !

Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de la région où vous vivez ?

4 réflexions sur “Les avantages et inconvénients de la vie à la montagne

  1. Angélique dit :

    J’ai choisi de vivre en Ardèche 😂. Et justement, je suis dans une zone non touristique qui n’a pratiquement que des avantages.
    Je suis Bretonne, j’ai travaillé en région parisienne. Ben la capitale est le seul lieu où deux voitures étaient indispensables. Les trajets banlieue à banlieue sont un véritable enfer.
    La Bretagne, c’est humide et abominablement touristique (Dinard, St Malo). Et pour retrouver les parisiens 😶.
    Bref, j’ai posé mes valises en haute Ardèche à 800m d’altitude.
    J’ai mes chevaux et 5 hectares rien que pour eux. Pour m’adapter, j’ai repris mes études en Doctorat (éthologie et cognition comparée) à Genève.
    Je suis médiateur équin, paysane et je sais ce que je mange.
    Ma vieille maison en pierre, je l’ai restaurée avec chéri-chéri. Très petit budget pour ce confort.
    Je suis cependant devenue minimaliste (la technologie est réduite 😂). Ça ne sert à rien.
    Le seul éventuel bémol est le désert médical. Mais au final, notre environnement fait que ça ne manque pas réellement.
    La marche, l’air pur, la nourriture du potager, les longues randonnées… A 53 ans nous sommes plus en forme que les pauvres citadins entassés dans le métro.
    J’ai fait un choix et s’il a été difficile au départ, après 11 ans ici, je réalise ma chance et mon bonheur.
    Je te souhaite une excellente journée.

    Aimé par 1 personne

    • Amande Honorable dit :

      L’important est d’avoir fait le choix qui te convient et qui te permet de t’épanouir. Ce changement est quand même radical, tu es passée d’un extrême à l’autre, mais parfois, c’est nécessaire pour être bien, et visiblement, c’est ce qu’il te fallait !
      Moi j’aime bien être dans un entre-deux : la ville pas trop loin (mais pas les grandes villes, j’ai fait deux ans à Lyon, ça m’a suffit !), mais la nature à deux pas ! Je trouve que c’est un excellent compromis pour moi finalement.
      Passe une agréable journée.

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  2. lenouinitalia.fr dit :

    Oooh ravie que mon article t’ai inspiré celui ci 😊😊 les paysages de ta région sont vraiment incroyables ! Mais la neige et les vieux grincheux olala ça doit pas être facile, c’est clair. Enfin comme tu le dis, il y a forcément des points négatifs partout et le principal est qu’ils soient minoritaires face aux points positifs 😊 biz à la dromoise de la part d’une ardechoise qui en vrai vous déteste pas vraiment 🤫😜🤐

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