[Mes humeurs] Mon rapport à la maternité

Je ne suis pas de ces filles qui, depuis toutes petites, s’imaginent déjà maman. Je ne suis pas de ces femmes qui ont toujours ressenti, au plus profond d’elles-mêmes, qu’elles voulaient, un jour, un enfant. Mais aujourd’hui, j’ai dépassé la trentaine, je suis dans une relation stable depuis plus de quatre ans, nous avons acheté un appartement qui pourrait nous permettre de construire notre famille, et je dois avouer que l’idée de faire ou non un bébé a évolué au fil du temps. Laissez moi vous raconter le cheminement de mon rapport à la maternité.

Au départ…

Je n’ai jamais, plus jeune, ressenti avec certitude que je voulais absolument avoir un enfant un jour. Quand mes copines au lycée ou à la fac envisageaient l’avenir, plusieurs d’entre elles se voyaient maman à 22 ou 23 ans (le fait qu’à 20 ans, elles soient dans des relations stables depuis quelques années y était peut-être pour quelque chose, alors que j’étais pour ma part célibataire). De mon côté, je ne me reconnaissais pas du tout dans leur discours. Je ne m’imaginais pas encore avec un enfant, je n’en ressentais pas le besoin. Et pour moi, c’était inenvisageable d’en avoir un si tôt. Nos parents avaient commencé à construire leur famille à cet âge là, mais l’époque et la société étaient un peu différentes de la nôtre. A 23 ans, sortant à peine des études, je me trouvais trop jeune, pas assez responsable, pas assez stable pour envisager de donner la vie. Peut être que cela est aussi lié au fait que dans ma famille, mes cousins, cousines et mon frère ont eu leur premier enfant à 29 ans pour l’un, plus de 35 ans pour les autres. Je n’avais donc pas d’exemple de jeunes parents dans mon cercle familial proche et ça a sans doute influencé mon image de la parentalité jeune.

Crédit photo : Image by Cindy Parks from Pixabay

Pour autant, au début de ma vingtaine, je n’étais pas non plus complètement opposée à l’idée de devenir maman (contrairement à certaines personnes qui, très jeunes, savent avec certitude et conviction qu’elles ne feront jamais d’enfant). Au final, je me suis toujours dit que je me laissais le temps de voir comment je ressentais les choses au fur et à mesure que je « grandissais » (pour éviter le terme « vieillir »…). Et aussi de voir comment la personne avec qui j’aurai choisi de faire un bout de chemin envisageait les choses (et comment je réagissais à son envie ou à son absence d’envie d’avoir des enfants un jour…).

La rencontre…

Puis j’ai rencontré celui qui est entré dans ma vie il y a bientôt quatre ans. J’avais tout juste 28 ans, il allait en avoir 33. Il avait envie de construire quelque chose de sérieux et a très vite cherché à savoir comment j’envisageais l’avenir, notamment sur la question des enfants. Il m’a dit qu’il aimerait en avoir. De mon côté, je n’en avais encore aucune certitude. On a quand même décidé de faire un bout de chemin ensemble.

Crédit photo : Image by BRUNA BRUNA from Pixabay

Et petit à petit, connaissant son envie de devenir papa un jour, l’idée de donner la vie a germé et s’est fait une place dans ma tête. La balance penchait de plus en plus du côté positif de la chose, sans pour autant devenir un besoin profond, viscéral. J’étais encore un peu dans l’incertitude quant à un quelconque avenir en tant que maman.

Le déclic

Mais au bout d’un an et demi, mon partenaire de vie a rencontré d’importants soucis de santé qui ont ébranlé son désir de parentalité. Alors que ces ennuis ne sont pas censés être héréditaires, il a quand même eu peur de les transmettre à un enfant, ne voulant pas lui imposer ce que lui traverse depuis petit. Il a ainsi commencé à remettre en question son envie d’être papa. Et plus il la remettait en question, plus j’avais du mal à envisager ma vie future sans enfant. J’ai ainsi compris que je ne me voyais plus ne pas avoir un bébé un jour.

Et maintenant ?

Deux ans et demi après cet épisode, le souhait d’avoir un enfant se fait à nouveau ressentir chez mon chéri. Nous avons depuis réuni une grande partie des conditions nécessaires selon nous pour accueillir un bébé. Adieu notamment le studio, bonjour l’appartement qui permettra à notre enfant d’avoir sa chambre. Et nous savons à présent que nous voulons construire notre famille ensemble dans un avenir plus ou moins proche.

A lire : Storytime : Nous sommes devenus propriétaires

Reste à savoir quand… Car je ne peux pas m’empêcher d’avoir des craintes, des doutes… Sur la grossesse et l’accouchement entre autres (ce dernier me fait une peur bleue alors que je ne suis pas si douillette…), mais aussi sur ma capacité à prendre soin de ce petit bout, sur ma patience (à chaque fois que je vois mes nièces de 5 et 8 ans, j’ai des doutes sur celle-ci, alors qu’elles sont plutôt sages dans l’ensemble), sur le fait d’être prête à renoncer à certaines choses (comme pouvoir dormir après 7h30 le week-end par exemple…)…

Crédit photo : Image by Ratna Fitry from Pixabay

Mon rapport à la maternité a donc considérablement évolué ces dernières années. J’ai la chance de ne pas avoir un environnement familial me mettant la pression à ce sujet, ce qui laisse toute la place à la réflexion. De questionnements, je suis passée à des certitudes quant à mon envie d’avoir un jour un enfant.

Et vous, comment vous situez vous par rapport à la parentalité ? Avez-vous toujours su que vous vouliez (ou ne vouliez pas) être parent un jour, ou est-ce que comme moi, votre envie de donner (ou non) la vie a évolué en même temps que vous, au gré de vos questionnements, de vos rencontres ou des événements de votre vie ?

Crédit photo pour la couverture : Image by Free-Photos from Pixabay

10 réflexions sur “[Mes humeurs] Mon rapport à la maternité

  1. ducotedechezma dit :

    Le bon moment, c’est quand toi et ton compagnon serez prêts…
    Concernant tes craintes, pour l’accouchement tu pourras trouver tout au long de ta grossesse des professionnels pour t’accompagner à vivre ce moment sereinement (j’avais aussi très peur… de ne pas y arriver.. et finalement, tout s’est très bien passé ! )
    Pour ce qui est de la patience, on ne réagit pas du tout pareil avec ses propres enfants qu’avec ceux des autres, et il est normal aussi d’en manquer parfois !
    Pour ta capacité à t’en occuper, on apprend à devenir parent avec ses enfants… Il n’y a pas de toutes façons de mode d’emploi universel 😉
    Enfin, pour les « renoncements » tels que la grasse matinée, il ne faut pas trop les théoriser à l’avance car rien ne permet de savoir jusqu’à quel point ils seront impactants ni combien de temps ils dureront.
    Je vous souhaite en tous cas à toi et ton compagnon, une réflexion sereine…

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    • Amande Honorable dit :

      Je te remercie pour ton commentaire rassurant. Je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup en amont pour beaucoup de choses et qui essaie de me préparer au maximum à ce qui va accompagner une décision que je prends. Celle-ci est considérable et change totalement la vie, alors forcément, elle s’accompagne de quelques inquiétudes (qui je pense, s’évanouiront au fur et à mesure de notre réflexion et de la mise en place de cette grande aventure qu’est la parentalité).
      Je te souhaite une belle journée.

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  2. Angélique dit :

    Salut.
    Je suis toujours très étonnée par cette question existentielle. Personnellement, je n’étais pas vraiment la fille que l’on imaginait maman un jour… Et puis alors que mes collègues m’avaient raconté le « délai » entre leur désir de maternité et la réalité de la grossesse, j’ai totalement oublié les questions de mon mari. J’avais 22/23 ans. Je travaillais la journée et j’allais en cours du soir.
    Les vacances approchaient et j’en suis revenue enceinte. J’ai détesté toutes mes collègues et j’ai pleuré pendant 4 mois.
    J’ai fini par me faire à l’idée mais l’amour maternel ne m’est pas tombé dessus comme le saint esprit.
    J’ai beaucoup changé cependant. Parce que je protégeais ma fille, je faisais en sorte qu’elle soit bien. J’ai finalement promis (à moi même) que je ferais une pause professionnelle pour la suite. Trois ans plus tard, arrivait ma deuxième fille et j’ai tenu ma promesse. Finalement, c’est enrichissant d’être maman à plein temps.
    A la naissance de ma deuxième fille j’avais à peine 28 ans, beaucoup de patience et toute la vie devant moi.
    Les filles ont connu leurs arrières grands parents très longtemps et c’est une richesse.
    Mon rapport à la maternité se résume à deux très gros bébés nés avant terme et à deux fois 25 kg pris rapidement 😂
    Je n’ai rien changé à ma vie. Je faisais des études, j’ai continué.
    Les enfants font partie de la vie.
    Et puis la stabilité est illusoire. J’ai divorcé après 20 ans de mariage pour une question de lieux de vie. Papa est resté citadin, la ville était pour moi un passage. Pourtant j’aime toujours mon ex mari (voilà, ce n’est jamais simple).
    Il a la vie qui lui plaît, moi aussi. Nous avons en commun nos deux filles et de magnifiques souvenirs.
    Mais finalement, je n’ai que 52 ans, j’ai continué mes études (en changeant totalement de direction). Je suis dans le trou du cul du monde et j’y suis bien avec mes chevaux, loins des médias et actuelles conneries sanitaires. Je fais partie des scientifiques auxquels on pose des questions sans jamais prendre en compte la réponse (😂😂). Mais ça m’est égal.
    Même si j’ai refait ma vie, il n’a jamais été question de maternité. Après 40 ans, je suis devenue beaucoup moins patiente.
    Pourtant j’ai une immense maison alors que je vivais en appartement avec 2 enfants.
    Et puis aujourd’hui, quand je regarde ce que l’homme moderne fait de la vie, je ne voudrais pas y voir mes enfants. Quel monde va-t-on leur laisser ?
    C’est finalement plus ça, la question. Tout le monde (ou presque) peut procréer mais le bonheur n’est pas une question de chambre ni de niveau économique. C’est simplement l’amour que l’on va donner sans condition.
    Je ne vois plus beaucoup cet amour aujourd’hui. Pourtant on ne fait pas des enfants pour soi mais pour eux. Ils partiront et construiront leur vie à eux. S’il y a un message à transmettre, je crois que c’est celui-ci.
    Mais dans une société liberticide, qu’a-t-on à offrir ?

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    • Amande Honorable dit :

      Effectivement, parfois la vie a son lot d’imprévus !
      C’est sur que le bonheur n’est pas qu’une question de place et d’argent. Mais disons que jusqu’à maintenant, nous n’avions que 20m² pour deux (+notre chien)… avoir un enfant dans ces conditions n’était pas envisageable pour nous car nous n’aurions pas pu lui donner le confort qu’il aurait mérité (et nous non plus n’aurions pas été dans de bonnes conditions pour l’élever). Nous n’avons pas des goûts de luxe et nous satisfaisons d’assez peu finalement, mais nous n’envisagions pas la parentalité dans de telles conditions.
      Je me pose aussi la question du monde dans lequel je vais faire naître un enfant, mais je me dis qu’en lui donnant les bonnes bases, lui et ses camarades contribueront peut être à le faire évoluer à leur tour (même si c’est une grosse responsabilité à leur mettre sur les épaules), comme on essaye à notre échelle de changer des choses. Quand je vois la génération de lycéens avec laquelle je travaille, je me dis qu’il y a encore un peu d’espoir !

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      • Angélique dit :

        « Quand je vois la génération de lycéens avec laquelle je travaille, je me dis qu’il y a encore un peu d’espoir ! » Ah, ça fait plaisir à lire 🙂 Mais la grande question (la mienne), c’est quel monde nous allons leur laisser, étant donné que c’est franchement le bordel d’un point de vue scientifique. Je suis éthologue et année après année, je n’aime pas ce que je vois.

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  3. cicitrouille dit :

    j’ai bien aimé lire ce rapport de maternité, ça amène à réfléchir sur ce qu’on veut et puis nos envies peuvent évoluer.
    J’ai trouvé cet article très intéressant.

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