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Mon parcours étudiant et mes débuts professionnels… Je vous raconte tout.

Alors que les terminales ont jusqu’au 14 mars pour formuler leur vœux d’orientation sur Parcoursup, j’avais envie aujourd’hui de vous parler de mon parcours pour en arriver au métier que je fais aujourd’hui.

Mon parcours étudiant 

Ma scolarité jusqu’au lycée:

J’ai eu une scolarité plutôt facile, j’étais plutôt bonne élève et à quelques exceptions près, mes résultats étaient dans l’ensemble très correct.

Au moment de mes vœux d’orientation après la troisième et en fin de seconde, je n’ai eu aucune   difficulté à savoir ce que je voulais : depuis toute petite, je souhaitais devenir vétérinaire. Mon parcours était donc tout tracé, et c’est très naturellement que je me suis dirigée vers une filière générale et scientifique, jusqu’à obtenir mon bac avec mention Bien.

Mes études supérieures :

Phase 1 : la classe prépa

Pour atteindre mon projet professionnel, le chemin le plus fréquent est de passer par une classe préparatoire BCPST (bio, chimie, physique, sciences de la terre… et il y a même des maths !) C’est donc tout naturellement que j’ai mis toutes les prépas de la région dans mes vœux post bac.

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Acceptée en prépa BCPST au lycée du Parc de Lyon, j’y ai passé deux ans. Deux ans de bonne ambiance, d’entraide, de soutien, mais surtout deux ans de travail et de galère. LA prépa n’était pas faite pour moi, je n’avais pas la maturité nécessaire (j’avais un an d’avance, et j’étais de la fin de l’année, je suis donc arrivée à 16 ans et demi dans une grande ville que je connaissais pas…), je n’étais pas assez bûcheuse, j’avais du mal à tout comprendre, tout retenir par cœur…

On m’a proposé en fin de première année de changer de voix, mais je n’avais pas d’autres idées concernant mon avenir. J’ai donc refusé et tenté les concours en fin de deuxième année. J’ai obtenu les écrits des écoles agro (pas de véto). Mais le métier d’ingénieur agronome ne m’évoquais rien d’assez concret pour que j’ai envie de m’y aventurer. Et je ne souhaitais pas « khûber », autrement dit refaire une deuxième année. Je ne suis donc pas allée aux oraux et il me fallait trouver une nouvelle voie.

Phase 2 : La licence et le master

Après réflexion, j’ai envisagé de partir dans l’enseignement, en devenant prof de physique chimie. La prépa me permettait d’avoir une passerelle en 3ème année de licence, mais je pensais avoir accumulé beaucoup de retard dans ces matières scientifiques. J’ai donc demandé à intégrer une L2 Physique Chimie qui me permettrait de revoir les choses que je n’avais pas comprises en prépa. Je m’en suis plutôt bien sortie dans des semestres qui envoyaient beaucoup d’étudiants au tapis et je comprenais tout ce qui me posait problème auparavant. Ce retour en L2 plutôt qu’en L3 n’était donc pas une perte de temps.

Mais au cours de cette année, mon projet professionnel a évolué et j’ai choisi de m’orienter vers le métier de professeur des écoles. J’ai donc poursuivi mes études sur une L3 orientée « préparation au CRPE », le concours pour devenir instit. J’ai ensuite intégré l’IUFM (qui n’est plus aujourd’hui…) pour suivre une première année de préparation au concours (j’ai réussi les écrits cette année là, mais pas l’oral). La formation de PE étant en pleine réforme à ce moment là, un nouveau master a été mis en place. Ma première année d’IUFM me permettait d’intégrer le master en deuxième année. J’ai réussi à avoir mon diplôme en même temps que j’ai réussi le concours. Me voici donc Professeur des Ecoles stagiaire.

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Mes débuts professionnels :

Je me suis donc retrouvée avec une classe à l’année pour la première fois sans m’y être assez bien préparée. Ce fut donc une année avec de grosses difficultés, des problèmes d’autorité, des parents qui se comportent comme des c******… Je n’ai pas été titularisée, ni même prolongée en tant que stagiaire. Au contraire, j’ai même été licenciée.

Est alors venue la question de la reconversion professionnelle, avec des diplômes ne pouvant me mener qu’au métier d’institutrice, métier que je ne peux plus pratiquer… J’ai trouvé pendant quelques mois un poste d’assistante pédagogique. Mon rôle était de venir en aide aux lycéens dans les matières scientifiques, en reprenant avec eux leurs cours et exercices. J’ai ainsi repris goût à cette envie de transmettre, d’enseigner… Je me suis donc dis que je pourrais peut-être enseigner dans le secondaire et j’ai alors envisagé de passer le concours de prof de physique chimie, comme je l’avais déjà pensé par le passé.

Mais avant ça, j’ai effectué quelques remplacements dans des lycées privés afin de prendre contact avec le métier et voir si ça pourrait me convenir. Mais une classe m’a totalement dégoûtée de la profession, j’ai pris conscience que je n’avais pas assez la foi en ce métier pour m’y investir complètement.

Retour à la case départ… J’ai du trouver un boulot susceptible de me plaire avec l’expérience et les diplômes que j’avais. Je me suis tournée vers les métiers de la fonction publique auxquels on accède souvent par concours. J’ai alors épluché ces métiers qui pourraient me convenir. J’ai alors vu qu’un concours pour un poste de technicienne en laboratoire de chimie en lycée ou université s’était ouvert dans ma région. Avec mon bagage scientifique, j’ai tenté ma chance en allant passer les écrits. Je me suis retrouvée dans les 10 personnes sélectionnées pour aller à l’oral. Je m’y suis rendue, et j’ai constaté que la plupart des candidats avaient un excellent niveau en chimie, bien meilleur que le mien. J’ai passé l’entretien final, pas convaincue de ma performance.

Mais le parcours que je viens de vous décrire ne m’aura pas servi à rien. Les recruteurs cherchaient une personne connaissant le milieu scolaire, étant capable de travailler en physique, en chimie, mais également en SVT, ce qui était mon cas ! C’est ainsi que j’ai obtenu le poste et que j’y travaille depuis bientôt 5 ans.

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Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Vous allez me demander pourquoi j’ai choisi de vous raconter tout ça. C’est tout simplement pour vous montrer que rien n’est définitif. Choisir son orientation peut être stressant quand on n’a pas une idée précise de ce qu’on veut. Il faut dire qu’à 16 ou 17 ans, on est encore bien jeune et qu’il est difficile de prendre une décision qui devrait influencer le reste de sa vie. On a l’impression de jouer son avenir.

Or on a le droit de se tromper de voie, de faire des erreurs dans son orientation. L’important est de réussir à rebondir en cas d' »échec » dans une filière donnée, de savoir trouver sa voie grâce à ses différentes expériences. Et il faut savoir utiliser ses « erreurs » pour se construire !

Et dans notre société actuelle, il n’est pas rare de voir des adultes se reconvertir après dix ans d’un travail qui ne leur convient plus. Rien n’est définitif !

12 réflexions sur “Mon parcours étudiant et mes débuts professionnels… Je vous raconte tout.

  1. Aipaminomdas dit :

    Bonjour Amandine,

    Quel Parcours ! Tu n’as pas du rire tous les jours et pourtant tu es arrivée à trouver ta place. Bravo.

    Juste une question si tu veux bien ? J’ignorais qu’il existait des professeurs des écoles STAGIAIRES ! Est-ce que tu veux bien me dire en 2 lignes ce que tu as vécu entre ta réussite au concours et le moment où tu as eu une classe à mener ? Une autre question qui concerne les difficultés que tu as rencontrées dans cette classe : quelle aide t’a-t-on apportée quand tu as commencé à enseigner et quel soutien as tu reçu de ta hiérarchie (directeur/trice d’école) face aux enfants difficiles et aux parents c**** ?

    Si tu penses que je suis trop curieux tu n’es pas obligée de me répondre, tu le sais, d’autant que ça risque de réveiller de très mauvais souvenirs. Vois-tu, j’ai été aussi « professeur des écoles spécialisé » (en milieu de carrière et si tu veux en savoir plus, demande simplement). Je ne te dis pas cela pour que tu me répondes à tout prix. Si tu me trouves trop indiscret, dis le simplement, je comprends bien des choses tu sais?

    En tout cas, grand merci de ce témoignage qui reflète parfaitement les galères que peuvent vivre nos jeunes pour arriver et la quantité d’énergie et de temps qu’ils dépensent vainement, ce qui en dit long sur la considération que notre système a pour « ses enfants » quand ils ne sont pas dans la case « super élite ».

    Il n’est pas impossible que le neige revienne vers chez toi.

    Belle journée à toi Amandine.

    Michel.

    Le jeu. 28 févr. 2019 à 10:43, Amande honorable a écrit :

    > Amande Honorable posted: « Alors que les terminales ont jusqu’au 14 mars > pour formuler leur vœux d’orientation sur Parcoursup, j’avais envie > aujourd’hui de vous parler de mon parcours pour en arriver au métier que je > fais aujourd’hui. Mon parcours étudiant Ma scolarité jusqu’au ly » >

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    • Amande Honorable dit :

      Pour répondre à ta question (de mémoire), à mon époque, après une année très théorique d’IUFM (avec assez peu de pédagogie au final, on travaillait plus le contenu « français, maths, sciences, histoire-géo »), on s’est retrouvé en master 2, un peu plus orienté péda, deux stages de 15 jours avec une classe à charge.
      Puis le concours.
      Une fois le concours obtenu, on était stagiaire : 3 jours de « formation » avant le début de l’année, une classe à charge à l’année. Pendant un mois, on avait un formateur qui venait nous voir une demi-journée puis qui travaillait avec nous le reste de la journée. Puis on partait un mois en stage en IUFM avec là encore pas mal de théorie (notamment l’apprentissage de la lecture chez les CP alors que personne n’avait de CP….), peu de choses qu’on pouvait mettre concrètement en place dans nos classes. Puis encore une semaine en IUFM en avril/mai. J’avais des CE1/CE2, et j’ai du choisir sur lequel des deux niveaux je voulais être formée puisque la formation se faisait par cycle et que ces deux niveaux étaient sur deux cycles différents… Et comme je ne sais pas me dédoubler….
      J’ai eu un accompagnement un peu plus spécifique du fait de mes difficultés en classe, mais malgré ça, je n’ai pas réussi à m’en sortir (pour ma défense : un double niveau à 27, avec deux élèves en situation de handicap, 4 ou 5 autres en grandes difficultés en CE1 ET CE2, des élèves excellents dans les deux niveaux, et des élèves plus « moyens ». Bref, j’avais à gérer au moins 4 niveaux, et je n’ai pas su gérer)
      A la fin de l’année, ils décident de titulariser le professeur stagiaire, de renouveler son stage pour un an ou de le licencier. Avant ça, ils m’ont fait rencontrer une psy (pour être sûre que je ne me suiciderai pas en cas d’échec, c’était arrivé l’année précédente et ils ont préféré prendre leur précautions….) et une assistante sociale, puis m’ont fait passer un entretien (où ils m’ont clairement fait comprendre que selon eux, j’étais dangereuse pour mon élève dyspraxique parce que je ne réussissais pas à lui fournir un environnement de travail apaisant). AU final, j’ai été licenciée… Et avec le recul, ce n’est pas plus mal ! Je n’étais pas faite pour ça !

      A noter qu’entre temps, les parents ont fait la démarche auprès de l’inspecteur de faire partir une instit’ de l’école, puis de me faire changer d’école. La directrice remplaçante (pendant le congés maternité de notre directrice qui m’avait soutenue une première fois) était très copine avec les mamans, elle ne m’a pas signalé les démarches des parents (mais devant ma formatrice : « Mais si je t’avais dit que les parents commençaient à se plaindre ». Elle m’avait juste dit que la maman de bidule avait appelé pour se plaindre que son fils avait été insulté dans la cour…)

      Voilà pour mon histoire. Je ne sais pas comment se passe la formation de nos nouveaux professeurs des écoles, je sais qu’il y a des évolutions régulièrement. Mais dans mon cas, ça n’a pas été une partie de plaisir. J’ai rapidement su prendre du recul sur tout ça en me disant que c’était un mal pour un bien, et finalement, ça s’est confirmé. Aujourd’hui, je bosse dans un lycée où j’ai tous les avantages des profs sans les inconvénients (j’ai droit aux vacances, mais j’ai mes soirs et week-end pour moi, je n’ai pas de copies à corriger, de cours à préparer, de parents à affronter, d’élèves pénibles à supporter…) Alors certes, j’ai plus d’heures de présence à effectuer qu’eu, mais je ne suis pas à plaindre !

      N’hésite pas si tu as des questions en plus ou si j’ai oublié de répondre à quelque chose, aborder ce sujet ne me dérange pas !

      On nous annonce la neige demain soir, on espère qu’il n’y en aura pas trop !

      Passe une bonne soirée.
      A bientôt

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  2. Emmanuelle CM dit :

    J’ai apprécié lire ton parcours. Je pense que ton article peut être inspirant pour certaines personnes. Savoir vers quel domaine s’orienter est difficile et peut souvent faire peur. Peur de se tromper, peur d’échouer… Ton parcours montre qu’il ne faut pas perdre espoir et cela fait du bien. J’avoue que j’ai moi-même eu du mal à trouver la voie qui me correspond vraiment. Je me pose d’ailleurs encore des questions aujourd’hui. Allez, il faut que je me dise de continuer à croire en moi et en mon avenir !

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    • Amande Honorable dit :

      Merci pour ton retour ! Ce n’est pas facile de trouver sa voie, on ne sait pas e que l’avenir nous réserve et si ce qui nous plait aujourd’hui nous plaira toujours dans 10 ans. Mais même si l’échec fait peur et n’est jamais agréable, il faut se dire qu’on a toujours la capacité de rebondir et qu’on est suffisamment fort pour ça ! La vie est courte, il y a tellement de choses dans lesquelles on peut s’épanouir en dehors du travail qu’il ne faut pas trop se laisser « bouffer » par lui et les craintes qu’il engendre (même si ce n’est pas évident quand on passe la majorité de nos journées au boulot !). Crois en toi, en tes choix, tu es la mieux placée pour décider de ce que tu veux pour la suite. Et puis si dans quelques années tu dois te tourner vers autre chose, je suis sûre que tu auras la capacité de le faire !

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